Les publicités pour des cailloux aux propriétés mirobolantes ou des méthodes fantastiques pour arrêter de fumer sont légion sur Internet. L’Afssaps en a épinglé six, et en a également interdit deux pour des médicaments contre les crampes en vente libre.
Pierres censées guérir le diabète, purifier le sang ou calmer les maux de dents, méthodes soulageant tout à la fois les douleurs articulaires, les migraines et l’eczéma, laser garantissant l’arrêt du tabac en une seule séance, bijoux prévenant aussi bien les insomnies que la constipation chronique, bracelets favorisant l’autoguérison, régimes minceur farfelus… Internet regorge de sites promettant monts et merveilles en matière de santé, à condition, bien entendu, d’y mettre le prix. Le vivier ne cesse de se renouveler, et régulièrement, l’Autorité française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) tente de faire le ménage. Récemment, elle a interdit six publicités sur des sites Internet pour des produits « miracle » de ce genre, au motif que les vertus vantées n’étaient pas scientifiquement démontrées.
Ont également été épinglées et interdites deux publicités pour des médicaments, tous les deux à base de quinine et indiqués contre les crampes. L’Afssaps reproche aux laboratoires Biocodex d’avoir, dans un mailing de promotion pour son médicament Okimus, communiqué des données tronquées, empêchant ainsi de se faire une idée objective du médicament. Non seulement les bénéfices n’étaient pas présentés de façon honnête, mais les effets indésirables, pourtant importants, n’étaient même pas mentionnés. Les laboratoires Gomenol, eux, n’ont pas respecté, dans leur publicité pour Hexaquine, l’indication officielle : alors que l’autorisation de mise sur le marché limite son usage aux « crampes essentielles », c’est-à-dire sans cause identifiée, la réclame débordait largement du cadre, évoquant sans complexe les « crampes du sportif », les « crampes liées à la maladie veineuse » ou encore les « crampes nocturnes ». Là non plus, les effets indésirables n’étaient pas évoqués.
Ces manquements sont d’autant plus préjudiciables que la quinine est loin d’être une molécule anodine. La revue médicale indépendante « Prescrire » rappelle régulièrement qu’elle peut avoir des effets indésirables graves, au point que sa balance bénéfices/risques n’est pas favorable. Elle est pourtant disponible sans ordonnance.
Anne-Sophie Stamane





